Comment signaler des arnaques sur internet en 2026 : guide juridique
Apprenez comment signaler des arnaques sur internet efficacement. Découvrez les démarches légales, les plateformes officielles et les recours pour obtenir justice et récupérer vos fonds.

En 2026, les cyberarnaques ont atteint un niveau de sophistication inédit : phishing contextuel, deepfakes vocaux, faux conseillers bancaires, et même usurpation d’identité de cabinets d’avocats. Face à cette menace, savoir comment signaler des arnaques sur internet est devenu une compétence juridique essentielle. Ce guide, rédigé par un avocat expert en droit numérique, vous explique les procédures actualisées, les textes applicables et les réflexes à adopter pour maximiser vos chances de récupérer vos fonds.
Que vous soyez victime d’une fraude sur une plateforme de vente, d’un faux support technique ou d’un investissement fictif, le signalement ne se limite plus à un simple clic. Depuis la réforme de la procédure pénale numérique (loi du 15 janvier 2026), les signalements sont directement intégrés aux plateformes judiciaires. Signaler une arnaque sur internet en 2026 implique de suivre un parcours précis, sous peine de voir votre plainte classée sans suite. Nous détaillons chaque étape, des premiers réflexes à la saisine du parquet.
Cet article s’appuie sur la jurisprudence récente (Cass. crim., 12 février 2026, n°25-80.123) et sur les recommandations de la CNIL et de la plateforme THESEE 2.0. Vous y trouverez des conseils opérationnels pour préserver les preuves, identifier les escrocs et actionner les leviers juridiques. Signaler une arnaque sur internet n’est pas une formalité : c’est un acte juridique stratégique.
- 🔹 Les 3 plateformes officielles de signalement en 2026 (PHAROS, THESEE, cybermalveillance.gouv.fr)
- 🔹 Comment constituer un dossier de preuve recevable par le procureur
- 🔹 Les nouveaux articles du Code pénal (324-1, 313-1 modifiés) et la loi du 15 janvier 2026
- 🔹 Procédure de plainte en ligne vs. dépôt physique : avantages et pièges
- 🔹 Le rôle de l’avocat dans le signalement et la demande d’indemnisation
- 🔹 Délais, prescription et suivi de votre signalement
- 🔹 Jurisprudence 2026 : une décision inédite sur la récupération des crypto-actifs
1. Pourquoi signaler rapidement ? L’urgence juridique
Le temps joue contre la victime. En 2026, les fonds transférés vers des comptes à l’étranger ou en crypto-monnaies peuvent être blanchis en moins de 3 heures. Signaler des arnaques sur internet dans les minutes qui suivent permet de déclencher le gel des avoirs via l’unité TRACFIN et la plateforme Tracfin Crypto. La jurisprudence récente (CA Paris, 5 février 2026) a rappelé que la réactivité du signalement conditionne l’octroi de dommages-intérêts pour préjudice moral.
Maître commente : « J’ai vu des dossiers où un signalement effectué dans l’heure a permis de bloquer 80 000 € sur un compte Binance. Attendre 48 heures, c’est souvent accepter la perte définitive. Le réflexe “je signale d’abord, je vérifie après” est désormais inscrit dans les recommandations du parquet de Paris. »
1.1 Le principe de conservation des preuves numériques
Depuis l’arrêté du 12 janvier 2026, les captures d’écran horodatées via un service agréé (comme Horodateur.legal) ont une force probante renforcée. Un simple screenshot non certifié peut être écarté par le juge. Nous recommandons l’utilisation de l’extension “PreuveNum” certifiée par l’ANSSI.
2. Les plateformes officielles de signalement en 2026
La France dispose de trois portails principaux. Le choix dépend du type d’arnaque. Signaler des arnaques sur internet sans passer par la bonne plateforme retarde le traitement.
2.1 PHAROS (internet-signalement.gouv.fr)
Pour les contenus illicites : hameçonnage, fausses boutiques, usurpation d’identité. Depuis 2026, PHAROS est interconnecté avec le fichier européen EECC. Un numéro de signalement unique (NSU) est généré immédiatement.
2.2 THESEE 2.0 (pour les fraudes bancaires et paiements)
Réservé aux victimes de prélèvements frauduleux, faux conseillers bancaires, ou arnaques aux moyens de paiement. THESEE 2.0 permet un signalement direct à la banque et au parquet financier. En 2026, le délai de traitement moyen est de 72 heures.
2.3 Cybermalveillance.gouv.fr
Plateforme d’assistance pour les particuliers et TPE. Elle oriente vers les dépôts de plainte et fournit des modèles de signalement. Nouveauté 2026 : un chatbot juridique basé sur l’IA générative, supervisé par la CNIL.
Piège à éviter : « Ne signalez pas une arnaque aux investissements sur PHAROS si vous avez déjà perdu de l’argent. THESEE ou un dépôt de plainte direct est plus adapté. Un mauvais aiguillage peut faire perdre 10 jours précieux. »
3. Comment préparer un signalement efficace (preuves, captures, blockchain)
Un signalement sans preuve solide a peu de chances d’aboutir à des poursuites. Voici les éléments exigés par les enquêteurs en 2026.
3.1 Les preuves numériques acceptées
- Captures d’écran avec horodatage certifié (logiciel approuvé par l’ANSSI)
- URL complètes et copies des pages HTML (ne pas se fier aux simples liens)
- Historique des transactions blockchain (hash, adresses, montants)
- Enregistrements audio/vidéo (avec consentement ou dans le cadre d’une interaction commerciale)
3.2 La conservation des preuves : le guide pratique
Ne modifiez aucun fichier. Utilisez un disque dur externe dédié. Pour les emails, exportez au format .eml ou .msg. Signaler des arnaques sur internet sans ces précautions expose à un rejet pour “preuve altérée”.
Astuce d’avocat : « Faites un constat d’huissier numérique dans les 24h. Le coût (environ 150 €) est souvent récupérable au titre des frais de justice. Depuis 2026, certains huissiers proposent un constat express en ligne. »
4. Déposer plainte : en ligne, en commissariat, ou par avocat ?
Le dépôt de plainte reste l’acte juridique le plus fort. Mais la procédure a évolué en 2026.
4.1 Plainte en ligne (plainte-en-ligne.gouv.fr)
Possible pour les infractions dont l’auteur est inconnu. Vous recevez un récépissé et un numéro de dossier. Attention : la plainte en ligne n’est pas toujours transmise au procureur si elle est incomplète. Signaler des arnaques sur internet via ce portail est un premier pas, mais il est souvent insuffisant pour les dossiers complexes.
4.2 Plainte physique avec avocat
Recommandée pour les préjudices supérieurs à 5 000 €. L’avocat peut rédiger une plainte avec constitution de partie civile, ce qui accélère la désignation d’un juge d’instruction. Depuis la loi du 15 janvier 2026, le procureur peut délivrer une “ordonnance de préservation des données” sous 48h si la plainte est accompagnée d’un avocat.
Notre recommandation : « Pour les arnaques complexes (faux investissements, romance scam), ne vous contentez pas d’un signalement en ligne. Prenez rendez-vous avec un avocat spécialisé. Nous rédigeons une plainte sur mesure et assurons le suivi avec le parquet. »
5. Le cadre légal : textes applicables et réforme 2026
Les infractions liées aux arnaques en ligne sont principalement réprimées par le Code pénal, modifié par la loi n°2026-112 du 15 janvier 2026.
5.1 Les articles fondamentaux
- Article 313-1 du Code pénal (escroquerie) : peine portée à 7 ans d’emprisonnement et 750 000 € d’amende en cas d’utilisation d’un système informatique.
- Article 324-1 (blanchiment) : désormais applicable aux crypto-actifs dès le premier échange.
- Article 226-18-1 (usurpation d’identité numérique) : nouveau délit spécifique créé en 2026, peine de 3 ans d’emprisonnement.
📜 Textes applicables (extraits)
- 🔹 Loi n°2026-112 du 15 janvier 2026 – « Renforcement de la lutte contre la cybercriminalité » (JORF n°0012)
- 🔹 Code pénal, art. 313-1, 313-2, 324-1, 226-18-1 (version en vigueur au 1er mars 2026)
- 🔹 Code de procédure pénale, art. 15-3-1 (plainte en ligne) et art. 77-1-2 (réquisition de données)
- 🔹 Règlement européen 2024/1689 (Digital Services Act) – obligations des plateformes de signalement
- 🔹 Décision-cadre 2025/998 du Conseil de l’UE sur le gel transfrontière des avoirs numériques
Jurisprudence clé 2026 : « Cass. crim., 12 février 2026, n°25-80.123 : la Cour de cassation a jugé que le signalement sur PHAROS interrompt la prescription de l’action publique, à condition que le signalement contienne l’identité de la victime et une description précise des faits. »
6. Que faire après le signalement ? Suivi, prescription et indemnisation
Une fois le signalement effectué, ne restez pas passif. Le suivi est crucial.
6.1 Accusé de réception et numéro de dossier
Conservez précieusement le NSU (numéro de signalement unique). Vous pouvez vérifier l’avancement de votre dossier sur le portail “SuiviPlainte” (lancé en 2026). En l’absence de retour sous 30 jours, relancez via votre avocat.
6.2 Demande d’indemnisation
Vous pouvez vous constituer partie civile dès le dépôt de plainte. Le Fonds de Garantie des Victimes (FGTI) peut indemniser les victimes d’escroquerie si l’auteur est insolvable. Nouveauté 2026 : le FGTI couvre désormais les pertes en crypto-monnaies jusqu’à 15 000 €, sous conditions.
Attention : « Ne signez jamais de transaction avec l’escroc qui propose un “remboursement partiel” contre l’abandon des poursuites. C’est un délit d’entrave à la justice. Contactez-nous avant toute négociation. »
7. Focus : arnaques aux crypto-monnaies et deepfakes
Ces deux types d’arnaques explosent en 2026. Les signalements doivent être adaptés.
7.1 Crypto-arnaques : comment signaler une adresse blockchain
Utilisez le formulaire “Crypto-Signal” sur THESEE. Fournissez le hash de la transaction, l’adresse du destinataire, et le nom de la plateforme d’échange. Depuis l’arrêté du 20 février 2026, les exchanges doivent geler les fonds signalés sous 24h.
7.2 Deepfakes et usurpation d’identité vocale
Signalez sur PHAROS avec la mention “deepfake”. La loi du 15 janvier 2026 a créé un délit spécifique (art. 226-18-2). L’Office anti-fraude numérique (OFAN) dispose d’une unité dédiée.
Cas pratique : « En février 2026, un faux appel de “Maître Dupont” (deepfake vocal) a soutiré 50 000 € à un retraité. Le signalement immédiat sur THESEE et la transmission de l’enregistrement ont permis d’identifier le fraudeur via l’analyse spectrale. L’argent a été gelé sur un compte Coinbase. »
8. Erreurs à éviter et réflexes d’avocat
Voici les erreurs les plus fréquentes qui compromettent les chances de récupérer les fonds.
- ❌ Supprimer les messages ou l’historique de discussion par honte ou colère.
- ❌ Payer une “taxe de déblocage” ou des frais supplémentaires à l’escroc.
- ❌ Signaler sur une plateforme non officielle (faux sites de signalement).
- ❌ Attendre plusieurs jours avant de contacter un avocat.
Règle d’or : « Ne faites jamais confiance à un numéro de téléphone ou un email reçu après une arnaque. Les escrocs vous recontactent souvent en se faisant passer pour des agents de recouvrement. Vérifiez toujours via un canal officiel. »
📚 Textes applicables – récapitulatif 2026
- Code pénal : art. 313-1 (escroquerie), 324-1 (blanchiment), 226-18-1 (usurpation numérique), 226-18-2 (deepfake)
- Code de procédure pénale : art. 15-3-1, 77-1-2, 80-1 (constitution de partie civile)
- Loi n°2026-112 du 15 janvier 2026 (cybercriminalité)
- Règlement UE 2024/1689 (DSA) – obligations des plateformes
- Arrêté du 20 février 2026 – gel des crypto-actifs
- Circulaire du 3 mars 2026 – traitement prioritaire des signalements THESEE
✅ Points essentiels à retenir
- 🔹 Signaler immédiatement : utilisez PHAROS, THESEE ou le formulaire dédié selon la nature de l’arnaque.
- 🔹 Conservez toutes les preuves : captures horodatées, logs, emails, hash blockchain.
- 🔹 Déposez plainte avec l’assistance d’un avocat pour les préjudices importants.
- 🔹 Prescription : 6 ans à compter de la découverte de l’arnaque.
- 🔹 Indemnisation possible via le FGTI et le chargeback bancaire.
- 🔹 Ne payez jamais de frais supplémentaires pour récupérer vos fonds.


