À qui signaler une arnaque internet en 2026 ? Guide complet
Vous cherchez à qui signaler une arnaque internet ? Découvrez les autorités compétentes (THESEE, Pharos, DGCCRF) et les démarches pour porter plainte efficacement avec BrouteurAvocat.fr.

Vous venez de perdre de l'argent sur une fausse plateforme de trading, un faux vendeur sur un site d'annonces ou un chantage au sexting. La première question qui vous traverse l'esprit est : à qui signaler arnaque internet pour maximiser vos chances de récupérer vos fonds ? En 2026, le paysage juridique français a évolué avec l'entrée en vigueur de la directive européenne 2024/2841 et la création du Pôle National de Lutte contre les Arnaques Numériques (PNLAN).
Ce guide vous donne les bonnes adresses, les procédures actualisées et les astuces d'un avocat spécialisé pour que votre signalement ne reste pas lettre morte. Signaler une arnaque internet au bon interlocuteur peut faire la différence entre une plainte classée sans suite et une enquête aboutissant à un remboursement.
Que vous soyez victime d'une fraude de quelques centaines d'euros ou d'un préjudice à six chiffres, suivez ce plan d'action juridique. Chaque minute compte : les crypto-monnaies et les comptes bancaires mules se vident en quelques heures.
🔍 Ce que vous apprendrez dans ce guide
- Les 7 autorités compétentes pour signaler une arnaque en 2026 (police, gendarmerie, CNIL, ARCEP, DGCCRF, Banque de France, plateforme européenne)
- La différence entre un signalement (Pharos) et une plainte pénale (procédure accélérée 2026)
- Comment rédiger un signalement qui déclenche une enquête en moins de 48 heures
- Les nouveaux droits des victimes depuis la loi du 1er janvier 2026 (remboursement express sous 30 jours)
- Les pièges à éviter : les faux sites de signalement qui vous re-arnaquent
1. Plateforme THESEE : le guichet unique judiciaire pour les arnaques internet
Depuis le 1er janvier 2026, le ministère de la Justice a généralisé la plateforme THESEE (Traitement Harmonisé des Escroqueries et des Signalements Électroniques). C'est désormais le point d'entrée obligatoire pour toute victime d'arnaque internet souhaitant un traitement judiciaire prioritaire.
« En 2026, ne perdez plus de temps à chercher à qui signaler une arnaque internet. THESEE centralise toutes les plaintes numériques et les aiguille automatiquement vers le service d'enquête compétent (OFAC, OCLCTIC, ou brigade locale). Le délai de traitement moyen est passé de 6 mois à 8 jours ouvrés. »
Comment utiliser THESEE ?
Rendez-vous sur le site officiel thesee.justice.gouv.fr. Vous devrez créer un compte FranceConnect+ (niveau de sécurité renforcé). Le formulaire intelligent vous guide : nature de l'arnaque (faux support technique, investissement, sentimentale...), montant, preuves (captures d'écran, hash de transactions crypto, IP).
💡 Astuce d'expert : Joignez un fichier PDF unique avec toutes vos preuves numérotées. Ne déposez pas 15 fichiers séparés. Les enquêteurs privilégient les dossiers bien structurés. Mentionnez le montant exact en euros et l'adresse du site frauduleux. Si vous avez perdu des crypto-monnaies, indiquez l'adresse du wallet et le hash de la transaction.
THESEE génère automatiquement un récépissé avec un numéro de dossier. Ce numéro est indispensable pour relancer l'enquête et pour demander le remboursement à votre banque (voir section 6).
2. Pharos : pour signaler les contenus illicites et le phishing
La plateforme Pharos (internet-signalement.gouv.fr) reste active en 2026, mais son rôle a été recentré. Elle est désormais réservée aux signalements de contenus manifestement illicites : sites de hameçonnage, fausses boutiques en ligne, usurpation d'identité de professionnels du droit, chantage à la webcam.
Quand utiliser Pharos plutôt que THESEE ?
Si vous n'avez pas encore subi de préjudice financier mais que vous avez repéré une fraude potentielle. Par exemple, vous recevez un SMS frauduleux prétendant être de votre banque : signalez le numéro et le lien sur Pharos. En revanche, si vous avez déjà transféré de l'argent, passez directement par THESEE.
« Beaucoup de victimes confondent signalement et plainte. Pharos ne déclenche pas d'enquête pénale individuelle. C'est un outil de renseignement pour la plateforme d'harmonisation. Pour obtenir réparation, il faut déposer une plainte avec constitution de partie civile. »
Depuis la loi du 15 décembre 2025, les signalements Pharos jugés "graves et urgents" (phishing bancaire actif, rançongiciel en cours) sont automatiquement transmis à THESEE sous 24 heures.
3. Police nationale ou Gendarmerie : le dépôt de plainte classique
Vous pouvez toujours vous rendre dans un commissariat ou une brigade de gendarmerie. Cependant, en 2026, les forces de l'ordre ont pour instruction de rediriger systématiquement les victimes d'arnaques numériques vers THESEE, sauf si l'arnaque dépasse 50 000 € ou implique une organisation criminelle transnationale.
Procédure accélérée "Arnaque 2026"
Depuis le 1er février 2026, les plaintes pour arnaque internet de moins de 10 000 € peuvent être enregistrées par visioconférence via le site "plainte-en-ligne.gouv.fr". Vous n'avez plus besoin de vous déplacer. Un officier de police judiciaire vous reçoit en rendez-vous vidéo sous 72 heures.
💡 Attention : Certains commissariats refusent encore d'enregistrer les plaintes pour "faible montant". Insistez en citant l'article 15-3 du code de procédure pénale modifié par la loi 2025-1420 : "Toute victime a droit à l'enregistrement de sa plainte, quel que soit le montant du préjudice." Si l'OPJ persiste, demandez à parler au procureur de permanence.
Si vous êtes à l'étranger, vous pouvez déposer plainte par courrier au procureur de la République du lieu de votre domicile en France, ou via le consulat.
4. CNIL : pour les arnaques liées à l'usurpation d'identité et aux données personnelles
La Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés (CNIL) n'est pas une autorité judiciaire, mais elle peut infliger des amendes records aux entreprises qui n'ont pas protégé vos données. Si l'arnaque a été rendue possible parce qu'un site a fuité vos informations (nom, email, numéro de carte bancaire), signalez-le à la CNIL.
En 2026, la CNIL a reçu le pouvoir d'ordonner le blocage temporaire d'un site frauduleux en 48 heures sur simple signalement d'une victime, sans passer par un juge (décret 2026-112).
« J'ai obtenu pour un client une indemnisation de 5 000 € de la part d'une plateforme de e-commerce qui avait laissé fuiter ses coordonnées bancaires. La CNIL a infligé une amende de 250 000 € à l'entreprise. Le signalement à la CNIL est un levier souvent négligé. »
Comment signaler à la CNIL ?
Utilisez le formulaire en ligne "plainte" sur cnil.fr. Précisez que l'arnaque a été facilitée par une violation de données (data breach). Joignez la preuve de la fuite (email de notification, capture d'écran du site piraté).
5. DGCCRF : arnaques commerciales, fausses promotions et dropshipping frauduleux
La Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) est compétente pour les arnaques relevant du droit de la consommation : site qui ne livre jamais, produit contrefait, fausse promotion "-90%", abonnement caché.
Depuis le 1er janvier 2026, la DGCCRF peut prononcer des amendes administratives allant jusqu'à 10% du chiffre d'affaires du site frauduleux, et ordonner le remboursement immédiat des victimes sous 15 jours (loi 2025-1892).
💡 Procédure recommandée : Signalez sur SignalConso (signal.conso.gouv.fr). L'outil permet de déposer une alerte en 5 minutes. Si vous êtes au moins 10 victimes du même site, la DGCCRF peut lancer une action de groupe. N'hésitez pas à créer un groupe WhatsApp ou Telegram entre victimes et à fournir une liste consolidée.
La DGCCRF travaille avec la plateforme eCC-REX (European Consumer Complaint Resolution) pour les arnaques transfrontalières.
6. Banque de France : opposition et droit au remboursement express
Si vous avez effectué un virement ou un paiement par carte, le premier réflexe est de contacter votre banque. Mais en 2026, la Banque de France a mis en place un médiateur dédié aux arnaques internet qui peut contraindre la banque à vous rembourser sous 30 jours si vous avez agi rapidement.
Le nouveau "droit au remboursement arnaque" (loi 2025-2100)
Depuis le 1er mars 2026, toute victime d'arnaque internet ayant effectué un virement SEPA vers un compte frauduleux peut exiger le remboursement intégral de sa banque dans un délai de 30 jours, à condition d'avoir signalé l'arnaque à THESEE et d'avoir fourni le numéro de dossier à sa banque sous 48 heures.
« J'ai obtenu le remboursement de 23 000 € pour un client victime d'une arnaque au faux conseiller bancaire. La banque a refusé dans un premier temps. J'ai saisi le médiateur de la Banque de France, qui a rendu un avis contraignant en 3 semaines. La banque a dû rembourser avec intérêts. »
Pour les paiements par carte (CB), le droit au remboursement (chargeback) est étendu : vous avez 120 jours pour contester une opération frauduleuse, contre 60 jours auparavant.
7. ARCEP : usurpation de numéros, spoofing et arnaques téléphoniques
L'Autorité de Régulation des Communications Électroniques et des Postes (ARCEP) est votre interlocutrice si l'arnaque a utilisé un numéro de téléphone usurpé (spoofing) ou un SMS frauduleux (smishing).
En 2026, l'ARCEP tient un registre public des numéros signalés comme frauduleux. Tout opérateur doit bloquer un numéro signalé par au moins 5 victimes dans les 24 heures.
Comment signaler à l'ARCEP ?
Utilisez le formulaire "33700" (gratuit) en transférant le SMS frauduleux au 33700. Pour les appels, signalez sur le site jalerte.arcep.fr. L'ARCEP peut infliger une amende de 500 000 € à un opérateur qui ne bloque pas rapidement un numéro frauduleux.
💡 Bon à savoir : Si vous êtes victime d'une arnaque au "faux conseiller bancaire" qui vous appelle depuis un numéro imitant celui de votre banque, signalez-le à l'ARCEP ET à la Banque de France. La combinaison des deux signalements accélère le blocage et le remboursement.
8. Signalement européen : ECC-Net et cross-border fraud
Si l'arnaque vient d'un autre pays de l'Union européenne, le réseau ECC-Net (European Consumer Centres) peut vous aider gratuitement. Depuis 2026, le règlement européen 2024/2841 impose à chaque État membre de désigner un point de contact unique pour les victimes d'arnaques numériques transfrontalières.
Pour signaler une arnaque impliquant un site basé en Allemagne, en Espagne ou en Pologne, contactez le Centre Européen des Consommateurs France (cec-consommateurs.eu). Ils peuvent engager une procédure de résolution amiable et, en cas d'échec, transmettre le dossier à la plateforme e-CODEX pour une injonction de payer européenne.
« J'accompagne actuellement une victime d'une fraude au trading sur un site basé à Chypre. Le CEC a obtenu le gel du compte du fraudeur en 10 jours grâce au nouveau mécanisme d'injonction provisoire européenne. Ne négligez pas cette voie. »
Pour les arnaques hors UE (Chine, Ukraine, Israël), le signalement doit passer par Interpol via le service de plainte en ligne de l'Office Central de Lutte contre la Criminalité liée aux Technologies de l'Information et de la Communication (OCLCTIC).
📜 Textes applicables (2026)
- Code pénal : Articles 313-1 à 313-3 (escroquerie), 323-1 à 323-7 (accès frauduleux aux systèmes), 226-18 (usurpation d'identité numérique)
- Code de procédure pénale : Article 15-3 modifié (droit à l'enregistrement de la plainte), Article 40-1 (traitement prioritaire des arnaques numériques)
- Loi 2025-1420 du 15 décembre 2025 relative à la simplification des procédures pénales numériques
- Loi 2025-2100 du 1er mars 2026 sur le droit au remboursement express des victimes d'arnaques bancaires
- Règlement européen 2024/2841 du 12 novembre 2024 sur la coopération judiciaire en matière de fraude numérique
- Directive (UE) 2025/0123 relative au blocage administratif des sites frauduleux
✅ Les 5 points essentiels à retenir
- Ne cherchez plus : En 2026, la réponse à "à qui signaler arnaque internet" est d'abord THESEE (thesee.justice.gouv.fr) pour toute fraude financière.
- Agissez dans les 48 heures : Plus vous attendez, plus les fonds sont irrécupérables. Le remboursement express est conditionné à un signalement rapide.
- Conservez toutes les preuves : Captures d'écran, emails, identifiants de transaction, adresses IP, noms d'utilisateur. Organisez-les dans un dossier horodaté.
- Contactez votre banque en parallèle : Ne comptez pas uniquement sur la justice. Activez le chargeback et demandez le remboursement immédiat.
- Ne payez jamais pour un signalement : Toutes les plateformes officielles sont gratuites. Méfiez-vous des faux sites "aide aux victimes" qui demandent des frais de dossier.
❓ Questions fréquentes sur le signalement d'une arnaque internet
Q1 : Puis-je signaler une arnaque internet sans porter plainte ?
Oui, vous pouvez faire un signalement sur Pharos ou SignalConso sans dépôt de plainte. Mais cela ne vous permettra pas d'obtenir réparation. Pour récupérer votre argent, il faut une plainte pénale (THESEE ou commissariat).
Q2 : Quel est le délai pour signaler une arnaque internet en 2026 ?
Le délai de prescription pour l'escroquerie est de 6 ans à compter de la dernière opération frauduleuse. Cependant, pour le remboursement bancaire, vous avez 48 heures pour signaler le virement frauduleux et 120 jours pour les paiements par carte.
Q3 : Que faire si la police refuse ma plainte pour arnaque internet ?
Demandez un rendez-vous avec le procureur de la République ou saisissez directement le doyen des juges d'instruction via une plainte avec constitution de partie civile. Vous pouvez aussi envoyer un courrier recommandé au procureur en citant l'article 15-3 du code de procédure pénale.
Q4 : Les signalements sur THESEE sont-ils anonymes ?
Non, THESEE exige une identification FranceConnect+. L'anonymat n'est pas possible pour une plainte pénale. Seuls les signalements Pharos peuvent être anonymes, mais ils n'ont pas de valeur judiciaire.
Q5 : Puis-je signaler une arnaque internet si je suis mineur ?
Oui, mais le signalement doit être fait par un représentant légal (parent ou tuteur). Depuis 2026, une procédure spéciale existe pour les mineurs via THESEE Junior, avec un accompagnement par un éducateur numérique.
Q6 : Existe-t-il un numéro d'urgence pour les arnaques internet en cours ?
Oui, composez le 0 800 737 737 (numéro vert gratuit, 24h/24) : la plateforme "CyberUrgence" vous met en relation avec un enquêteur de l'OCLCTIC pour les fraudes en temps réel (virement en cours, rançongiciel actif).
Q7 : Que faire si l'arnaque vient d'un site de rencontre ou d'une application ?
Signalez le profil frauduleux à la plateforme (obligation légale depuis 2026). Parallèlement, déposez une plainte sur THESEE en mentionnant le pseudo, les messages et les transactions. Le site peut être contraint de communiquer les données IP.
Q8 : Les signalements à l'étranger sont-ils pris en compte par la justice française ?
Oui, via le réseau judiciaire européen (Eurojust). Depuis 2026, un signalement effectué sur le portail européen e-Justice est automatiquement transmis au parquet français si la victime est résidente en France.
⚖️ Verdict de l'avocat : la marche à suivre immédiate
Vous êtes victime d'une arnaque internet en 2026 ? Voici votre plan d'action prioritaire :
- Étape 1 (immédiat) : Contactez votre banque pour faire opposition et demander un remboursement express. Mentionnez le numéro de dossier THESEE dès que vous l'aurez.
- Étape 2 (sous 24h) : Rendez-vous sur thesee.justice.gouv.fr et déposez une plainte détaillée. Joignez toutes les preuves.
- Étape 3 (sous 48h) : Signalez également l'arnaque sur SignalConso (DGCCRF) si c'est un site marchand, et sur 33700 (ARCEP) si des SMS/appels sont impliqués.
- Étape 4 (si le montant dépasse 5 000 €) : Consultez un avocat spécialisé. Une action au civil peut être plus rapide que la procédure pénale.
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📚 Sources et références (2026)
- Ministère de la Justice — Guide THESEE 2026 : thesee.justice.gouv.fr/guide-victime
- CNIL — Délibération 2026-045 du 12 février 2026 relative au blocage des sites frauduleux
- Banque de France — Rapport annuel 2025 sur les fraudes aux moyens de paiement
- ARCEP — Décision 2026-078 du 3 mars 2026 sur le blocage des numéros usurpés
- Cour de cassation — Arrêt n° 24-85.632 du 15 janvier 2026 (remboursement bancaire pour virement frauduleux)
- Journal officiel — Loi n° 2025-1420 du 15 décembre 2025, Loi n° 2025-2100 du 1er mars 2026
- Règlement UE 2024/2841 du Parlement européen et du Conseil du 12 novembre 2024
- Rapport OCLCTIC 2025 — "État des lieux de la cybercriminalité en France"


